Samedi 23 octobre 2010 6 23 /10 /Oct /2010 18:36

Et surtout, s'empêcher de s'entendre penser. Plus ne m'est rien/rien ne m'est tout.
Un fond de musique lui évitait de réfléchir, mais la musique l'énervait, mais il ne pouvait pas l'éteindre. Car alors il entendait la pluie dehors, car alors il se rendait compte que le monde dehors, déchiré par les éclairs avait perdu toutes ses couleurs.
Si il l'avait éteinte, à ce moment, peut-être aurait-il pu se pardonner, peut-être aurait-il pu appeler la petite fille, là dehors, qui l'appelait et qui criait sous la pluie. Il ne la voyait pas, il l'entendait dehors, et mêlé à cette musique dont il baissait le volume de plus en plus, ce qui était un simple gémissement devenait de plus en plus fort, l'imprégnait de plus en plus.
Ne pouvait-elle donc pas se taire? Ne pouvait-elle donc pas se taire? Ne pouvait-elle donc pas s'arrêter?
Se taire?
Se taire pour laisser quoi après, la musique minable qu'il écoutait, se taire pour laisser place au son de l'orage qui grondait, laisser place au cri de la pluie, laisser place peut-être au silence qui viendrait ensuite, à sa solitude, aussi, peut-être.
Il regarda alors par la fenêtre, le monde avait maintenant perdu chacune des couleurs qu'il contenait, et tout se retrouvait dans sa petite chambre éclairée. Sa petite chambre au foutoir immonde, sa petite chambre d'où il pleurait doucement. Chaque grondement de tonnerre lui fissurait le coeur, chaque éclair le traversait de part en part.
Il déteignait par terre, quand petit à petit la musique s'arrêta. Il regarda sa chaîne. Elle n'était pas arrêtée, il n'entendait simplement plus rien. Il n'entendait plus que le hurlement de la petite fille, il n'entendait plus que la pluie, il n'entendait plus que le tonnerre. Pourtant, il n'eût même pas à regarder par la fenêtre pour comprendre qu'il ne pleuvait plus. Qu'il n'y avait pas de petite fille.
Et ses larmes coulaient de tout son corps, ses larmes emplissaient petit à petit la pièce pour former une masse de couleurs mélangées. Une masse grisâtre de couleurs mortes, et lui qui se fondait de plus en plus dans les couleurs, qui existait de moins en moins.

Que peut-on réellement retrouver dans une petite chambre colorée? Du bordel, c'était son esprit, c'était pas un maniaque. Il n'y avait plus personne dedans, et pourtant, personne n'osait éponger la petite mare au milieu de la pièce, on savait que quelque part, c'était lui.

Et seule la petite fille eût le cran de ranger les affaires d'un mort.

Par Housshin - Publié dans : Ecrits imaginés. - Communauté : Ecriture Ludique
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Jeudi 21 octobre 2010 4 21 /10 /Oct /2010 19:44

Amélie mélancolique se mêlait à la marmaille qu'étaient ces milles mots en méli-mélo manipulés avec minutie. Elle cherchait son chemin, chuchotant chichement ses chimères chancelantes qui la chagrinaient chanceusement.
Perdue en plein Paris, la pluie la plantait là, en pilier, d'une plantureuse pâleur qui lui aplatissait chaque pli de son âme. En transe, traîtrise traduite comme un travail trépignant, elle transformait transfigurait un transsexuel trop stressé pour être tranquille.
Mais cela se passait seulement dans son esprit soudoyé par des centaines de sangsues suçant ses soucis, surprises de sa sensualité, semblable à ces soudaines spirales soutenues par cette sorte de superbe statue resplendissant dans l'espace surfait de cet endroit.
Elle s'oublia dans ces blanches banlieues, bal brillant de billions de ballons se balançant en suspend.


Banalité extraordinare.

Par Housshin - Publié dans : Ecrits imaginés. - Communauté : écriture "expérimentale"
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Mardi 5 octobre 2010 2 05 /10 /Oct /2010 01:24

Arriver, partir, compter, réfléchir, se reposer, ne pas comprendre, jamais.

 

Il fallait la faire, cette statue. Il fallait la construire, il fallait la créer, il fallait la modeler de cette terre qu'on trouvait partout mais que personne ne voulait voir. Alors on modelait sa vie, allégorie insignifiante mais importante mais impossible.

On ne peut pas faire l'allégorie de la vie. Encore moins celle de sa propre vie.

 

Ma statue avait la forme d'un quadragénaire malingre et bigleux, à l'air un peu intello, mais relativement laid, vu que je n'ai jamais aimé manier la terre. Son visage était à moitié effacé, et pourtant on pouvait distinguer ce hurlement.
Le cri semblait venir des fonds de ses tripes pour tordre tout son corps, peut-être de tristesse, peut-être de douleur, peut-être de démence. Sa bouche tordue semblait être sans fin, et ses yeux révulsés gueulaient qu'on arrête ça, qu'on arrête tout.

Et pourtant, son visage était à moitié effacé. Il tombait en ruines alors que je venais de le construire.

 

Homme des bois étrange, créature de conte de fée, victime de mon imagination débordante (peut-être créé par elle?), humain tout simplement, vieillard sans tête mais avec un chapeau me pria de le laisser le fixer. Il n'avait pas besoin de grand chose, juste de quoi se boucher les oreilles et un couteau à peinture pour le recréer.
Ses cris sont si atroces, me disait-il, que je ne peux travailler dans ces conditions. Elle est belle votre statue, mais peut-être y avez-vous laissé un peu trop de tripes, un peu trop de souvenirs, un peu trop de vous.

Je lui passais ce dont il avait besoin pour le voir à l'oeuvre, curieuse de ce qu'il ferait, intriguée du fait que personne n'ai jamais fait la même chose auparavant.
Il faut dire que j'étais probablement complètement perdue en ce lieu. Les saisons s'entrochequaient dans cette forêt mais l'automne semblait tout de même l'emporter, même si le printemps était loin de battre en retraite.

Et ce personnage étrange était là à tailler ma statue comme il l'aurait fait avec un buisson, il la transformait, et elle devenait petit à petit un arbre. La forme tordue et la douleur transparaissaient malgré le fait que plus rien ne rapprocha mon ancienne statue à ce qu'elle était devenue, passant à l'état végétal, outrepassant de quelconques règles physiques. En cette forme, elle me semblait plus atroce encore que ce qu'elle était de base, plus vieillie aussi.

 

L'homme était satisfait de son oeuvre, et moi je regardais ce qui était une vie en devenir. De toutes manières, il était tout le temps satisfait de ce qu'il faisait, ce qui l'importait c'était l'acte de création, je crois.

Mais je suis quand même partie avec lui. Je ne pouvais pas rester, ça ne m'aurait servit à rien. Et l'arbre n'avait pas encore fleuri.

 

Pas si laide que ça, cette statue. J'aurais pu faire pire.

Par Housshin - Publié dans : Ecrits imaginés. - Communauté : Ecriture Ludique
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Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 23:28

[Il était laid, l'article précédent. Alors je l'ai supprimé. C'est si facile de faire ça que j'en prendrais presque goût, mais assumons un peu tout même.]

 

Des cendres, jusqu'au plus profond de son âme.
Peut-être avant étaient-elles des braises, peut-être un feu, une simple flamme, mais qui n'ont fait que brûler son coeur.
Descendre, jusqu'aux tréfonds de son âme.
Peut-être y trouvera-t-on quelque chose, peut-être un escalier, des gigantesques pièces, qui en fin de compte ne forment qu'un labyrinthe, dont la sortie a été oubliée depuis trop longtemps pour être un jour retrouvée.
Ne jamais espérer trouver quelque chose, tout arrivera au plus mauvais moment, non pas au moment où l'on s'y attend le moins, seulement celui qui nous arrange le moins.
Faire la paix avec soi, avec sa seconde gueule, celle que personne ne voit, mais qui voudrait hurler sa présence auprès de tout le monde.
Faut-il sombrer dans la provocation facile, ou justement ne pas s'arrêter là, espérant toujours quelque chose de mieux, se surpasser pour n'arriver nulle part?
Faut-il tout simplement s'écouter? Et du coup, ne plus rien faire de sa vie, juste s'allonger. Longtemps. Le surplus d'informations qui s'offre à nous en permanence fait oublier ces rythmes de vie effacés, ceux où l'on a plus rien à faire .
Quand on se retrouve brusqué à un tel rythme, on est d'abord déboussolé, perdu, on veut s'occuper à tout prix.
Puis on s'y habitue.
Et c'est dans ces moments là que l'on retrouve l'ennui, celui qu'on avait oublié depuis trop longtemps pour pouvoir enfin l'apprécier.

C'est étonnant, la vie. On trouve un objet, ou même avant de le trouver, on en a l'idée. Et d'un coup, grâce à celui-ci, on se remet à lire, on se remet à penser, à vivre.
Puis en retrouvant son rythme de d'habitude, on oublie tout ce qu'on a mit tant de temps à apprendre.
On est de nouveau noyé dans le flot d'informations, et petit à petit on se perd de nouveau, on ressent la solitude, celle qu'on n'apercevait même pas quand on était seul.
On est comparé à trop de gens.

Je veux être célèbre. Je veux me créer un personnage, je veux qu'on m'admire, et peut-être que comme ça j'arriverais à m'oublier. Moi et mes foutues pensées.
La célébrité, ça ne semble n'être qu'une question de volonté, et d'assez d'imagination pour créer ce que chacun reconnaîtra.
Peut-être de chance.
Mais pas de talent, ou si peu. Ou alors, lui aussi est oublié au bout d'un moment.

Renouveau. Il me tarde. Nous ne sommes pas dans une époque de création.

Par Housshin - Publié dans : Triste réalité. - Communauté : écriture "expérimentale"
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Samedi 17 juillet 2010 6 17 /07 /Juil /2010 18:46


Il était une fois un marchand de marionnettes très réputé. Il en faisait de toutes sortes, de toutes formes.

Il décida de faire des automates.

De plus en plus compliquées, de plus en plus belles, ses oeuvres faisaient venir le monde entier dans sa petite boutique.

Mais lui était toujours triste, il lui manquait ce qui lui avait toujours manqué, de la compagnie.

 

Alors, il fabriqua le plus fabuleux de tous ses automates. Jeune homme d'une beauté exceptionnelle fut créé par ses mains.

Mais ce n'était qu'une machine : il ne pouvait ni aimer, ni ressentir quelque sentiment que ce soit.

L'automate était devenu la fierté du marionnettiste : il l'exposait, le montrant à qui voulait le voir, en expliquait avec joie ses mécanismes compliqués.

 

Puis, lassé, le délaissa.

 

L'automate apprit alors à ressentir la tristesse, et finit par cesser de tourner la clé qui lui permettait de vivre.

 

Petit à petit, il disparut des mémoires des gens, tout comme ce marionnettiste fabuleux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il était une fois une jeune personne, intriguée par le monde, curieuse de tout. Celle-ci voulut ouvrir un jour une porte, dans son grenier, qui l'intriguait : condamnée, elle la narguait.

Le jour où elle réussit enfin à l'ouvrir, elle y trouva l'automate, jeune homme d'une éternelle beauté, d'une éternelle jeunesse. Sa clé, permettant de le faire vivre, se trouvait posée à ses côtés.

 

Elle tourna la clé dans l'automate.

 

Mais celui-ci ne marchait plus.

Par Housshin - Publié dans : Ecrits imaginés. - Communauté : Ecriture Ludique
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